Visite Francois Fillon

med-frikhaCélébrés comme un symbole du partenariat tuniso-francais de nouvelle génération, Telnet et son patron, Mohamed Frikha, ont fait l’objet d’un hommage particulier de la part du Premier Ministre, Francois Fillon, en visite à Tunis. Lors du diner officiel offert par M. Mohamed Ghannouchi, comme à l’occasion du Forum d’affaires, puis à la faveur de la visite effectuée à Telnet au parc technologique d’El Ghazala, Fillon n’a pas manqué d’y faire référence. Voila un jeune tunisien qui réussit brillamment ses études en France (Polytechnique et Sup Telecom), revient en Tunisie et monte des partenariats significatifs avec des groupes de premier plan tels que Altran, Safran et Sagem. Evidemment, Yves De Chaisemartin, Président d’Altran, en était fort heureux, tout comme Jean Paul Jainsky, PDG de Sagem Securite (groupe Safran).

Mais, pour Mohamed Frikha, l’essentiel est d’aller encore plus loin, en capitalisant sur cet excellent climat de coopération bilatérale. Fort des encouragements des Premiers ministres des deux pays, il plaide pour une alliance strategique tuniso-francaise en matiere d’innovation et de technologie.

Il estime en effet que le secteur économique mondial  est de plus en plus confronté à relever des challenges qui impactent de très prêt l’évolution de son activité. Parmi ces challenges il cite :

  • La globalisation et la mondialisation de l’économie

  • L’ouverture des marchés internes face à la concurrence externe

  • Forte concurrence et regroupement des opérateurs

  • L’avènement de la crise financière et économique qui touche à la fois les économies des pays développés et fragilise les économies des pays émergents.

  • Les phénomènes de mutations technologiques rapides dans tous les secteurs


Dans ce contexte de crise, ces challenges présentent à la fois des défis auxquels toutes les économies mondiales doit faire face ainsi que des opportunités pour étendre son champs d’action et développer des nouvelles opportunités grâce notamment à :

  • L’innovation et la maîtrise des nouvelles technologies de conception et production

  • La réduction des coûts de R&D et de la production

  • La disponibilité des ressources (ingénieurs, techniciens) ayant les compétences métiers.

Situé dans un marché local caractérisé par une proximité géographique et une taille réduite offrant une sécurité de non concurrence pour les donneurs d’ordre (ce qui n’est pas le cas de l’Inde pour autres pays du sud est asiatiques), la Tunisie peut tirer profit de cette conjoncture pour proposer une offre de service avec de plus en plus de valeur ajoutée, de tarifs compétitifs et d’une assurance qualité.

Ce contexte offre ainsi des conditions favorables pour former une alliance stratégique dans l’innovation et la technologie entre la Tunisie et la France fondé sur la base de :

  • La complémentarité et le partenariat entre les pôles de compétitivité

  • La formation et le développement des compétences par le billet des centres de formation et la coopération au niveau de l’enseignement.

  • La dynamique de projets communs permettant de construire un modèle d’alliance envers les marchés mondiaux

Cette alliance donnera naissance à plusieurs grands projets en Tunisie permettant d’une part un transfert de technologie et d’autre part de développer d’avantage les compétences Tunisiennes en la matière afin de promouvoir le savoir faire Tunisien sur d’autres marchés régionaux dans le cadre de la coopération nord-sud basée sur une approche gagnant-gagnant. Parmi ces projets on peut citer le projet aéronautique AIRBUS, les projets de transport ferroviaire et maritime, des projets Télécoms et Multimédia, etc…)

Apport de Telnet


Dans le cadre de ce modèle d’alliance, Telnet, étant leader en Tunisie dans le domaine de l’ingénierie et l’innovation technologique, a lancé l’idée de plusieurs grands projets innovateurs de collaboration entre secteur privé Tunisien et secteurs privé Français parmi le quel on peut citer :

  • Projet d’un Centre d’Excellence des Metiers de l’Aéronautique (CEMA)

  • Projet pour le passeport biométrique, la carte de santé, la carte étudiant

  • Projet d’une plate-forme d’innovation dans le cadre de la coopération SYSTEM@TIC /Parc technologique El Ghazala

  • Projet de centre de formation PLM et de l’intégration des modules CATIA dans l’enseignement supérieur.

  • Projet de décodeur Tunisien pour la TNT

  • Projet de bureau d’études pour les centrales nucléaires

Ces projets contribueront à inciter des nouveaux investisseurs étrangers à s’installer en Tunisie permettant ainsi à renforcer l’image de la Tunisie comme destination technologique dans la région.

Le discours du Premier Ministre français, Monsieur François FILLON lors de son intervention à l’UTICA à Tunis le 24 avril 2009
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Député,
Monsieur le Sénateur,
Monsieur le Président de l'UTICA,
Mesdames et Messieurs,
II existe entre la France et la Tunisie une complicité qui m'autorise à vous dire que je me sens parmi vous un peu comme en famille.
Dans les jours fastes comme dans les épreuves, nos sorts sont liés.
Nous vivons une crise mondiale majeure.
Nous ne savons pas où elle nous mènera ni combien de temps elle durera.
Elle est la plus grave depuis un siècle. C'est la première véritable grande crise de la mondialisation.
D'ores et déjà, quelques signes positifs existent, mais rien n'est gagné, et il va encore falloir se
battre.
A l'issue de cette crise, la hiérarchie des nations se sera substantiellement modifiée. Il y aura
celles qui auront fait face avec sang froid et volonté, et celles qui auront cédé à l'illusion du
court terme et de la facilité.
Une chose est certaine : aucune nation ne peut espérer s'en sortir en faisant cavalier seul.
Les liens exceptionnels tissés au fil des années et la confiance qui nous rassemble, peuvent et
doivent nous rendre plus forts dans l'adversité.
C'est le sens de ma visite en Tunisie.
L'amitié si ancienne et si profonde qui existe entre nos deux pays est un atout.
L'amitié et le partenariat économique ne sont pas deux réalités distinctes : ce sont les deux
facettes d'une volonté de progresser ensemble.
Tout rapproche nos deux pays. Nous partageons la même langue. Nos populations sont
mêlées. Nos universités développent des cursus croisés.
La France est votre premier client et votre premier fournisseur.
Elle est le premier employeur étranger en Tunisie, avec 1200 entreprises employant 106 000 personnes.
600 000 Tunisiens ou franco-tunisiens vivent en France, 80 000 visas sont délivrés chaque année, 10 000 jeunes tunisiens étudient en France.
Les échanges commerciaux entre nos deux pays sont supérieurs à 7 Mds € par an : ils dépassent les échanges de la France avec le Brésil, l'Inde ou la Corée.
Ce partenariat déjà riche, nous avons le devoir de le développer encore par une nouvelle stratégie économique commune.
Nous voulons insister en particulier sur l'investissement et sur l'innovation, qui sont au demeurant deux des axes majeurs du plan de relance de l'activité en France.
La visite du Président Sarkozy en avril 2008 a donné un véritable élan à notre collaboration.
Tous les engagements pris lors de cette visite ont été tenus.
Hier, j'ai par exemple assisté à la signature:
- de deux conventions financières dans le domaine des infrastructures de l'eau ;
- de notre accord de coopération dans le domaine nucléaire civil paraphé Pan dernier.
Hier, nos deux pays ont signe un partenariat global dans le domaine des transports urbains et ferroviaires.
Il s'agit de faciliter le partage d'expérience et des coopérations industrielles, de valoriser la bonne coopération entre l'opérateur tunisien Transtu et les entreprises françaises, dont nombre
sont présentes aujourd'hui.
Les financements français, concessionnels ou non, sont largement mobilisés pour soutenir les grands projets tunisiens.
Mais nous voulons aller plus loin et bâtir dans la durée en misant sur l'éducation, la formation et l'innovation.
Hier encore, nos ministres de l'Education, nos présidents d'universités et plusieurs dirigeants d'entreprises ont signé différents accords.
Nous nous donnons ainsi les moyens d'offrir à nos jeunes les compétences professionnelles et culturelles qui renforceront la compétitivité de nos pays et la fraternité entre nos peuples.
Nous avons décidé, pour cela, de mobiliser par anticipation les 40 millions d'euros de subventions prévus pour la formation professionnelle dans
L'accord de gestion concertée des migrations et de développement solidaire qui est sur le point d'être ratifié en France.
La Tunisie a été le premier pays émergent avec lequel nos pôles de compétitivité ont développé d'étroites relations, notamment dans les domaines des nouvelles technologies, du textile et de l'agro-industrie.
Ces partenariats s'enrichissent chaque jour, comme en témoignent les nouveaux textes qui seront signés en ma présence cet après-midi au pôle El Ghazala.
L'intérêt de ces coopérations concrètes est simple : il s'agit de nous rendre plus forts sur les marchés asiatiques ou américains, comme l'illustrent les succès de TELNET que je visiterai cet après-midi.
Je suis heureux qu'à côte de nos grandes entreprises, les PME, françaises et tunisiennes, trouvent leur place.
Plus de 1 000 PME françaises sont installées en Tunisie, 9 000 y exportent. Dans le même temps, près de 2 500 entrepreneurs tunisiens sont actifs en Ile de France.
Pour accompagner ce formidable potentiel, nous avons mis en place hier une ligne de crédit de 40 millions d'euros pour l'achat de produits français par des PME tunisiennes exportatrices.
C'est la première fois que la France met en place un programme de ce type. J'ai la conviction qu'il sera un succès.
Mesdames et messieurs,
La crise mondiale exige de nos gouvernements des politiques raisonnables et responsables.
La Tunisie, grâce à une gestion prudente, a des fondamentaux solides et présente des résultats
impressionnants.
Elle cherche à préserver un équilibre entre l'accélération des réformes, l'intégration dans l'espace euro-méditerranéen, l'amélioration des ressources humaines, le respect des équilibres économiques et sociaux.
C'est ce qui lui vaut sa bonne notation sur les marchés internationaux des capitaux comme auprès des investisseurs étrangers.
Pour autant, aucun pays n'est épargné par les retombées de la crise financière sur l'économie réelle.
Partout se font sentir le ralentissement des exportations et le tarissement des entrées de capitaux.
Face à cela, la France a pris des initiatives, en Europe lors de sa Présidence, et encore maintenant au sein du G 20.
Tout au long des débats et au fil de ces initiatives, nous n'avons jamais cessé de consulter nos autres partenaires, notamment ceux d'Afrique et du Maghreb.
La France continuera à le faire car elle est convaincue que c'est une certaine idée du monde et de sa prospérité globale qui se joue.
Cet enjeu, il est aussi le vôtre.
Que voulons-nous ?
D'abord, une nouvelle régulation financière internationale.
Il faut remettre au coeur du marché ces principes qui n'auraient jamais du être oubliés : la transparence et la responsabilité.
Je sais que la Tunisie y est tout autant attachée que nous.
Ensuite, nous voulons un pouvoir mieux réparti, qui prenne mieux en compte la voix des pays émergents.
Cette crise doit être l'occasion d'imaginer une nouvelle gouvernance mondiale et un meilleur soutien aux pays en développement.
Nous refusons de toutes nos forces le protectionnisme et le repli sur soi. Ce sont des tentations récurrentes, parfois compréhensibles, qui empruntent des voies de plus en plus détournées et inavouées. Mais il faut être lucide : le protectionnisme, quelles qu'en soient les modalités, ne
peut qu'aggraver la crise.
Enfin, il nous faut, ensemble, lutter contre le tarissement des financements internationaux, si cruciaux pour le développement des pays émergents. Le G20 de Londres a pris des décisions majeures :
- triplement des moyens du FMI pour aider les pays confrontés à des crises de financement extérieur ;
- augmentation de 100 milliards de dollars des engagements des banques régionales et multilatérales de développement ;
- mobilisation des banques de développement et des agences de crédit à l'exportation pour maintenir le financement du commerce international.
La France, je vous le confirme, maintiendra son effort financier pour le développement économique et social de la Tunisie.
Votre pays est le premier bénéficiaire au monde des prêts de l'Agence française de développement. Au moment où les marches de capitaux deviennent plus-incertains, la Tunisie peut compter sur cette ressource.
Et nous continuerons de plaider auprès de nos collègues européens pour maintenir et augmenter les flux financiers communautaires vers la Tunisie.
La crise, Mesdames et Messieurs, ne doit pas nous empêcher de nous projeter vers l'avenir.
Elle rend même plus nécessaire que jamais une réflexion sur le monde que nous voulons construire.
La vraie priorité, c'est une mondialisation mieux équilibrée, plus multilatérale.
Dans cet esprit, il faut que les grandes régions du monde renforcent leur cohérence.
Le Maghreb ne peut échapper à cette règle.
La France est prête à accompagner la Tunisie dans l'approfondissement de ses relations avec l'Europe.
Les négociations qui s'ouvrent sur la libéralisation des services et du commerce agricole, et sur le partenariat renforcé, doivent en être l'occasion.
L'Union pour la Méditerranée, avec ses projets à géométrie variable, est aussi un instrument de cette intégration régionale à l'échelle des défis que recouvre notre mer commune.
La Tunisie s'associe au Plan Solaire Méditerranéen, aux projets d'autoroutes de la mer, à l'interconnexion des réseaux électriques.
Le Président Ben Ali a parfaitement ressenti l'utilité et la légitimité de cette aventure commune qu'il nous faut conduire et concrétiser.
Il y a des siècles, la Méditerranée a été l'un des foyers les plus éblouissants de la civilisation humaine.
Aujourd'hui, il nous faut penser le monde des années 2050. 11 faut le construire nous-même plutôt que de subir la marche des événements.
La France, et avec elle l'Europe, a fait le choix d'amplifier sa relation prioritaire avec ses voisins du Sud.
A nous, Monsieur le Premier Ministre, de faire de la Méditerranée un nouveau pôle de stabilité, de partenariat, d'innovation, de progrès.
A nous de faire converger nos prodigieuses ressources naturelles, culturelles, intellectuelles, pour construire un destin commun.
La France, Mesdames et Messieurs, croit à ce projet.
Elle s'y engage pleinement. Et elle est heureuse de trouver dans la Tunisie un partenaire de choix, un partenaire fidèle et audacieux avec qui progresser dans le respect et l'amitié.
Vive la Tunisie et vive la France !